Réponse directe : quelle proportion pour passer de 49 à 72 ?
L’équipe Minerallum a étudié les méthodes de calcul de l’American Foundry Society, les guides de la Silica and Moulding Sands Association et plusieurs travaux expérimentaux consacrés aux sables de moulage.
La réponse mathématique est directe :
Pour faire passer un sable AFS 49 vers une cible AFS 72, le sable ajouté doit avoir un indice strictement supérieur à 72.
Si le sable fin disponible possède un indice AFS 100, le point de départ théorique est :
- 54,9 % de sable AFS 49 ;
- 45,1 % de sable AFS 100 ;
- proportions calculées sur masse sèche.
Pour une tonne de sable de base :
- 549 kg de sable AFS 49 ;
- 451 kg de sable AFS 100 ;
- AFS théorique du mélange : 72.
Ce calcul constitue le bilan massique initial. La formulation industrielle est ensuite confirmée par :
- un tamisage du mélange réel ;
- la lecture de la distribution sur chaque tamis ;
- le contrôle des fines ;
- les essais de perméabilité et de résistance ;
- un essai dans le système de moulage concerné.
L’indice AFS est utile pour fixer une cible, mais la courbe granulométrique complète permet de savoir comment cette cible a réellement été obtenue.
Pourquoi ce sujet présente un fort intérêt industriel
L’objectif ne consiste pas seulement à définir l’AFS. Il s’agit de répondre à un besoin de production précis : transformer une matière disponible en formulation compatible avec une cible de moulage.
Une fonderie peut chercher à augmenter la finesse pour :
- améliorer la reproduction de détails ;
- modifier la densité de l’empreinte ;
- réduire certaines pénétrations métalliques ;
- adapter un sable à une pièce plus légère ou plus complexe ;
- régulariser une alimentation composée de plusieurs origines ;
- compenser l’évolution d’un sable régénéré ;
- préparer un sable de parement différent du sable de remplissage.
Notre analyse des références montre toutefois qu’un changement de finesse modifie plusieurs équilibres à la fois.
Le Kansas Geological Survey rappelle que la taille et la répartition des grains agissent sur la densité et la perméabilité du moule. Une distribution doit laisser sortir les gaz tout en créant une structure suffisamment dense pour résister à la pénétration du métal [3].
Les recherches expérimentales plus récentes traitent également l’AFS avec d’autres variables telles que :
- l’humidité ;
- le type et la quantité de liant ;
- la dureté du moule ;
- la compactabilité ;
- la résistance à la compression ou à la flexion ;
- la perméabilité ;
- la morphologie des grains [4–6].
Nous retenons donc une règle de travail claire :
La cible AFS définit une direction granulométrique ; les essais du système de moulage déterminent la formulation finale.
Que signifie réellement AFS GFN ?
L’AFS GFN, pour American Foundry Society Grain Fineness Number, est un nombre calculé à partir de la masse ou du pourcentage de sable retenu sur une série de tamis normalisés.
L’American Foundry Society le présente comme une estimation de la taille moyenne de tamis correspondant à un échantillon de sable sec et libre [1].
Le principe de calcul est le suivant :
- sécher et préparer l’échantillon ;
- le faire passer dans une colonne de tamis ;
- peser la matière retenue sur chaque tamis ;
- convertir les masses en pourcentages ;
- multiplier chaque pourcentage par le facteur AFS correspondant ;
- additionner les produits ;
- diviser par le pourcentage total récupéré.
La formule générale est :
AFS GFN = Σ (% retenu × facteur AFS) / Σ (% retenu)
Lorsque la récupération représente 100 % de l’échantillon, le dénominateur est égal à 100.
Comment lire le nombre
Dans une lecture générale :
- un AFS plus faible correspond à un sable plus grossier ;
- un AFS plus élevé correspond à un sable plus fin.
Cette lecture ne doit pas être transformée en équivalence unique entre AFS et diamètre.
SAMSA distingue :
- AFS, fondé sur les anciens numéros de mailles et leurs facteurs ;
- AGS, taille moyenne calculée en micromètres.
L’association précise qu’il n’existe pas de conversion directe universelle entre ces deux indicateurs [2].
Pourquoi l’AFS ne décrit pas toute la courbe
Deux sables peuvent obtenir le même AFS alors que :
- le premier est concentré sur trois tamis adjacents ;
- le deuxième est réparti sur cinq ou six tamis ;
- le troisième associe une fraction grossière et une fraction très fine ;
- leurs teneurs sous le dernier tamis diffèrent ;
- leurs grains n’ont pas la même forme.
Le nombre moyen peut être identique, mais la structure du lit granulaire ne l’est pas.
C’est pourquoi notre lecture d’un rapport commence par l’AFS, puis revient systématiquement aux pourcentages retenus sur chaque tamis.
La formule de mélange entre deux sables
Lorsque deux sables ont été analysés avec la même méthode et la même série de tamis, l’AFS théorique de leur mélange suit un bilan massique.
Notons :
- G₁ : AFS du sable de départ ;
- G₂ : AFS du sable ajouté ;
- Gᵗ : AFS cible ;
- x : fraction massique sèche du sable ajouté.
La relation est :
Gᵗ = (1 − x) × G₁ + x × G₂
La fraction de sable ajouté est donc :
x = (Gᵗ − G₁) / (G₂ − G₁)
Pour une cible 72 à partir de 49 :
x = (72 − 49) / (G₂ − 49)
Cette relation provient directement de la définition du GFN comme somme pondérée des fractions retenues.
Conditions pour que le calcul soit cohérent
Nous appliquons la formule lorsque :
- les deux résultats sont établis sur matière sèche ;
- les deux sables utilisent la même série de tamis ;
- la méthode de préparation est comparable ;
- les masses récupérées sont correctement documentées ;
- le mélange ne contient pas encore de liant, d’eau ou d’additifs ;
- la fraction fine ajoutée possède un AFS supérieur à la cible.
Si ces conditions ne sont pas remplies, il faut recalculer le mélange à partir des masses retenues par tamis, et non à partir des deux nombres AFS seulement.
Exemple complet : AFS 49 + AFS 100
Nous cherchons :
- sable initial : AFS 49 ;
- sable fin : AFS 100 ;
- cible : AFS 72.
Calcul :
x = (72 − 49) / (100 − 49)
x = 23 / 51 = 0,451
Le sable fin représente donc 45,1 % du mélange sec.
La fraction du sable initial est :
1 − 0,451 = 0,549
Soit 54,9 %.
Préparation d’un lot pilote de 100 kg
| Composant | AFS | Proportion sèche | Masse |
|---|---|---|---|
| Sable de départ | 49 | 54,9 % | 54,9 kg |
| Sable fin | 100 | 45,1 % | 45,1 kg |
| Mélange théorique | 72 | 100 % | 100 kg |
Vérification :
(54,9 × 49 + 45,1 × 100) / 100 = 72
Préparation théorique d’une tonne
| Composant | Masse sèche |
|---|---|
| Sable AFS 49 | 549 kg |
| Sable AFS 100 | 451 kg |
| Total | 1 000 kg |
En production, les masses de chargement sont ajustées à la précision des doseurs, puis le mélange homogénéisé est prélevé pour analyse.
Influence de l’AFS du sable fin choisi
Plus l’AFS du sable ajouté est proche de 72, plus sa proportion nécessaire devient élevée.
Part de sable fin nécessaire pour passer de AFS 49 à AFS 72
Calcul théorique sur masse sèche selon l’indice AFS du sable fin disponible.
Tableau de décision
| AFS du sable ajouté | Part de sable ajouté | Part de sable AFS 49 | Lecture |
|---|---|---|---|
| 72 | 100 % | 0 % | Aucun mélange contenant du 49 ne peut atteindre 72 |
| 80 | 74,2 % | 25,8 % | Forte consommation de sable fin |
| 90 | 56,1 % | 43,9 % | Mélange presque équilibré |
| 100 | 45,1 % | 54,9 % | Ratio industriel plus flexible |
| 120 | 32,4 % | 67,6 % | Faible proportion, contrôle des ultrafines essentiel |
Le choix ne se fait donc pas uniquement sur le prix par tonne.
Il faut comparer :
- la proportion nécessaire ;
- le coût rendu usine ;
- la stabilité entre lots ;
- la distribution exacte ;
- la teneur en poussières ;
- la forme des grains ;
- le comportement avec le liant ;
- l’effet sur les propriétés du moule ;
- les pertes et la régénération.
Pourquoi mélanger un AFS 49 avec un AFS 72 ne suffit pas
Cette question mérite une réponse explicite.
Avec :
- G₁ = 49 ;
- G₂ = 72 ;
- cible = 72 ;
la formule donne :
x = (72 − 49) / (72 − 49) = 1
Il faut donc 100 % de sable AFS 72.
Toute présence de sable AFS 49 abaisse la moyenne.
Par exemple :
| AFS 49 | AFS 72 | AFS théorique |
|---|---|---|
| 50 % | 50 % | 60,5 |
| 25 % | 75 % | 66,25 |
| 10 % | 90 % | 69,7 |
| 0 % | 100 % | 72 |
Pour conserver une partie du sable AFS 49 tout en atteignant 72, le second sable doit être plus fin que la cible.
Calcul par tamis : la méthode la plus informative
Le calcul par les deux indices AFS est rapide. Le calcul par tamis montre la structure réelle du mélange.
Pour chaque tamis i :
Rᵐᵢ = (1 − x) × R¹ᵢ + x × R²ᵢ
avec :
- R¹ᵢ : pourcentage retenu du sable AFS 49 ;
- R²ᵢ : pourcentage retenu du sable fin ;
- Rᵐᵢ : pourcentage prévu dans le mélange.
Nous obtenons ainsi une courbe prévisionnelle complète avant le premier essai.
Ce que cette courbe permet de détecter
Elle montre notamment :
- les tamis dominants ;
- la continuité de la distribution ;
- une concentration excessive sur un tamis ;
- une distribution bimodale ;
- l’augmentation sous 106 ou 75 µm selon la série utilisée ;
- la fraction restant dans le fond ;
- le risque de déplacement vers des tailles très fines ;
- l’écart entre la cible moyenne et la structure réelle.
Le rapport du Kansas Geological Survey illustre ce point avec plusieurs sables possédant des AFS proches mais des pourcentages retenus différents [3].
Exemple de piège
Deux formulations peuvent toutes deux calculer AFS 72 :
- formulation A : majorité des grains sur des tamis adjacents ;
- formulation B : mélange d’une fraction grossière et d’une fraction très fine.
La formulation B peut obtenir la bonne moyenne tout en présentant :
- davantage de poussières ;
- une surface spécifique plus élevée ;
- une perméabilité différente ;
- une demande de liant différente ;
- une ségrégation pendant le transport.
Le contrôle par tamis évite de confondre moyenne conforme et distribution maîtrisée.
Effet attendu sur la perméabilité
La perméabilité décrit l’aptitude du moule ou du noyau à laisser circuler les gaz.
Lorsque la finesse augmente, les passages entre grains peuvent devenir plus petits et plus tortueux. La tendance générale est alors une diminution de la perméabilité, surtout lorsque la distribution contient davantage de fines ou se compacte fortement.
Le rapport historique du Kansas Geological Survey relie déjà la taille et la distribution des grains à la densité et à la perméabilité [3].
Une étude expérimentale publiée en 2026 a observé, dans son système de sable régénéré, une perméabilité plus faible associée à plusieurs facteurs combinés :
- GFN plus élevé ;
- grains plus irréguliers ;
- contaminants ;
- argile résiduelle ;
- humidité ;
- distribution plus large [4].
Nous n’isolons donc jamais l’AFS comme cause unique.
Contrôles utiles
Après modification de la granulométrie, nous examinons :
- perméabilité du mélange préparé ;
- humidité ;
- compactabilité ;
- dureté du moule ;
- résistance verte ou résistance du noyau ;
- temps de dégazage ;
- défauts de soufflures ou porosités ;
- pénétration métallique ;
- état de surface ;
- stabilité d’un lot à l’autre.
Effet sur la résistance et le besoin en liant
Un sable plus fin présente généralement une surface totale à enrober plus importante pour une même masse.
La recherche de l’Université de Miskolc a comparé des sables neufs et régénérés en utilisant notamment :
- la granulométrie ;
- la surface spécifique ;
- la perte au feu ;
- la microscopie électronique ;
- la diffraction des rayons X ;
- la résistance en flexion ;
- la distorsion thermique [6].
Cette approche confirme que la qualité d’un noyau ne dépend pas d’un seul indice.
Lorsque nous augmentons l’AFS, nous surveillons :
- la quantité de liant nécessaire pour recouvrir les grains ;
- la répartition du liant ;
- le temps de malaxage ;
- l’écoulement dans l’outillage ;
- la résistance initiale ;
- la résistance finale ;
- le débourrage ;
- les émissions et résidus associés au système utilisé.
Dans un sable vert, Karunakar et Datta ont étudié conjointement le GFN, l’argile, l’humidité, le temps de malaxage et la dureté, puis mesuré les résistances et la perméabilité [5].
Cela renforce notre méthode :
Lorsque la granulométrie change, la formulation du liant et les paramètres de préparation doivent être examinés avec elle.
Forme des grains et comportement au moulage
Deux sables de même distribution peuvent encore se comporter différemment si leurs grains sont :
- arrondis ;
- subarrondis ;
- subanguleux ;
- anguleux ;
- fissurés ;
- recouverts de résidus.
La forme influence :
- l’écoulement ;
- l’empilement ;
- le nombre de contacts ;
- la surface réelle ;
- la consommation de liant ;
- la résistance ;
- la perméabilité ;
- l’aptitude à la régénération.
Le broyage utilisé uniquement pour augmenter l’AFS peut produire de nouvelles arêtes et des poussières.
L’étude de Dai et al. montre que les sollicitations mécaniques et thermo-mécaniques peuvent faire évoluer fortement l’indice AFS de certains sables par fragmentation des grains [7].
Nous distinguons donc deux stratégies :
Mélange de fractions déjà caractérisées
Avantages :
- bilan massique prévisible ;
- courbes connues ;
- faible modification de la morphologie ;
- ajustement rapide du ratio ;
- meilleure traçabilité.
Réduction granulométrique par broyage
Points à maîtriser :
- production de fines ;
- changement de forme ;
- échauffement ;
- usure des équipements ;
- poussières ;
- largeur de distribution ;
- besoin de classification après broyage ;
- stabilité de la production.
Pour une cible précise comme 49 vers 72, le mélange contrôlé de fractions tamisées fournit généralement la méthode la plus lisible.
Procédure de laboratoire proposée par Minerallum
Étape 1 - Prélever des échantillons représentatifs
Prélever séparément :
- le sable AFS 49 ;
- le sable fin candidat ;
- plusieurs points si le produit est en vrac ;
- plusieurs sacs si le produit est conditionné.
Identifier :
- produit ;
- lot ;
- date ;
- origine ;
- humidité apparente ;
- emplacement du prélèvement.
Étape 2 - Travailler sur base sèche
Déterminer l’humidité lorsque les matières ne sont pas parfaitement sèches.
Les proportions de mélange sont exprimées en masse sèche afin d’éviter qu’un écart d’humidité ne modifie la quantité réelle de grains incorporée.
Étape 3 - Tamisage des deux composants
Utiliser la même série de tamis, la même durée et la même procédure.
Enregistrer :
- masse initiale ;
- masse sur chaque tamis ;
- masse dans le fond ;
- masse totale récupérée ;
- pourcentage retenu ;
- cumul passant ou retenu ;
- AFS calculé.
Étape 4 - Calculer plusieurs scénarios
Préparer au moins :
- scénario cible théorique ;
- scénario légèrement inférieur ;
- scénario légèrement supérieur.
Pour une cible 72 avec un sable fin AFS 100, nous pouvons par exemple comparer :
| Sable AFS 49 | Sable AFS 100 | AFS théorique |
|---|---|---|
| 60 % | 40 % | 69,4 |
| 54,9 % | 45,1 % | 72,0 |
| 50 % | 50 % | 74,5 |
Cette petite matrice permet d’observer la sensibilité de la formulation aux erreurs de dosage.
Étape 5 - Mélanger un lot pilote
Le lot doit être suffisamment grand pour :
- limiter l’erreur de pesée ;
- permettre une homogénéisation correcte ;
- alimenter le tamisage ;
- préparer les éprouvettes ;
- conserver un échantillon témoin.
Étape 6 - Refaire le tamisage
Comparer :
- AFS théorique ;
- AFS mesuré ;
- distribution théorique ;
- distribution mesurée ;
- masse récupérée ;
- fines ;
- répétabilité.
Un écart peut provenir :
- d’une mauvaise homogénéisation ;
- d’une erreur de pesée ;
- de l’humidité ;
- d’une ségrégation ;
- d’une différence d’échantillonnage ;
- d’une attrition pendant la préparation.
Étape 7 - Préparer le système de moulage
Ajouter ensuite, selon le procédé :
- bentonite ;
- eau ;
- poussière de charbon ou autre additif ;
- résine ;
- catalyseur ;
- silicate ;
- durcisseur ;
- revêtement.
Les dosages précédemment utilisés avec AFS 49 ne sont pas automatiquement transposés à AFS 72.
Étape 8 - Mesurer les propriétés fonctionnelles
Le plan d’essais dépend du procédé.
| Système | Contrôles prioritaires |
|---|---|
| Sable vert | Humidité, compactabilité, perméabilité, résistance verte, dureté, argile active |
| Résine no-bake | ADV ou pH selon système, temps de travail, résistance, perte au feu, débourrage |
| Cold-box / hot-box | Fluidité, dosage liant, résistance initiale et finale, gaz, distorsion |
| Silicate | Résistance, durcissement, humidité, débourrage, régénération |
| Sable de parement | Finesse, résistance de surface, perméabilité locale, défauts de pénétration |
Étape 9 - Réaliser une pièce d’essai
Comparer avec le système de référence :
- remplissage ;
- tenue du moule ;
- dégagement gazeux ;
- état de surface ;
- pénétration ;
- inclusion de sable ;
- soufflures ;
- dimensions ;
- facilité de décochage ;
- consommation de liant ;
- taux de rebut.
Tolérances et contrôle de production
Une formulation industrielle ne doit pas seulement atteindre 72 une fois. Elle doit rester stable.
Nous recommandons de définir :
- AFS cible ;
- plage d’acceptation ;
- pourcentage maximal sur chaque tamis critique ;
- limite de fines ;
- masse minimale récupérée ;
- méthode d’échantillonnage ;
- fréquence des contrôles ;
- règles d’ajustement du dosage ;
- identification des lots ;
- conservation des résultats.
Sensibilité au dosage
Pour le mélange AFS 49 + AFS 100 :
- chaque point de pourcentage ajouté en sable fin modifie l’AFS théorique d’environ 0,51 point ;
- une erreur de 2 points de dosage déplace la cible d’environ 1,02 point AFS.
Cette relation aide à dimensionner :
- la précision des balances ;
- les doseurs ;
- la taille minimale du lot ;
- la fréquence des vérifications.
Ségrégation pendant le stockage
Une différence importante de taille entre les deux composants peut favoriser une séparation pendant :
- la chute dans un silo ;
- le convoyage ;
- la vibration ;
- le remplissage de big bags ;
- le transport ;
- la reprise par vis ou bande.
Le prélèvement doit donc être réalisé sur le flux ou selon un plan représentatif, et non uniquement sur la surface du stock.
Spécification d’achat du sable fin
Pour ajuster durablement un sable AFS 49, la commande du sable fin doit aller au-delà d’une mention telle que « sable fin ».
Nous structurons la demande autour des éléments suivants.
Identification
- sable siliceux de fonderie ;
- usage : moulage, noyautage, parement ou correction granulométrique ;
- origine et procédé de préparation ;
- lot et traçabilité.
Granulométrie
- série de tamis ;
- pourcentage retenu sur chaque tamis ;
- AFS GFN cible et tolérance ;
- AGS si demandé ;
- fraction sous le tamis minimum ;
- fond de tamis ;
- répétabilité entre lots.
Propriétés physiques
- forme des grains ;
- masse volumique apparente ;
- humidité ;
- surface spécifique si utile ;
- aptitude à l’écoulement ;
- résistance à l’attrition lorsque le sable est recyclé.
Caractéristiques chimiques
Selon le métal et le système de liant :
- SiO₂ ;
- Al₂O₃ ;
- Fe₂O₃ ;
- CaO ;
- MgO ;
- alcalins ;
- perte au feu ;
- pH ;
- ADV ;
- matières étrangères.
Logistique
- quantité ;
- sacs, big bags ou vrac ;
- masse unitaire ;
- protection contre l’humidité ;
- conditions de chargement ;
- destination ;
- calendrier ;
- échantillon préalable.
Poussières de silice pendant la préparation et le décochage
L’ajout d’une fraction plus fine augmente l’attention portée aux émissions de poussières pendant les opérations sèches.
Le NIOSH a étudié le nettoyage de pièces issues de moules en sable et mesuré l’efficacité d’une ventilation aspirante localisée. Le système décrit a réduit l’exposition aux poussières respirables de 59 à 77 % selon les outils évalués [8].
Dans une organisation industrielle, les points à traiter comprennent :
- vidange des sacs ;
- dosage ;
- mélange ;
- transferts ;
- tamisage ;
- chutes de convoyeurs ;
- décochage ;
- grenaillage ;
- meulage ;
- nettoyage ;
- balayage.
Les mesures techniques peuvent associer :
- captage à la source ;
- confinement ;
- transfert fermé ;
- aspiration ;
- méthodes humides lorsque compatibles ;
- nettoyage par aspiration industrielle ;
- entretien des filtres ;
- contrôle des points de fuite.
Cette maîtrise protège également la stabilité du produit en limitant les pertes incontrôlées de fractions fines.
Erreurs fréquentes dans un passage de 49 à 72
1. Ajouter un sable AFS 72 au sable AFS 49
Le mélange reste inférieur à 72 tant qu’il contient du 49.
2. Calculer sur masse humide
Deux produits ayant des humidités différentes n’apportent pas la même masse sèche de grains.
3. Utiliser uniquement la moyenne AFS
La moyenne peut masquer une distribution bimodale ou une teneur excessive en fines.
4. Mélanger des analyses réalisées avec des séries de tamis différentes
Les facteurs et les fractions doivent être comparables.
5. Modifier simultanément le sable, le liant et l’humidité sans plan d’essais
Il devient difficile d’identifier la cause des changements observés.
6. Réutiliser le dosage de liant du sable AFS 49
La surface à enrober et l’empilement ont changé.
7. Négliger l’homogénéisation
Un prélèvement local peut afficher la cible alors que le lot complet reste hétérogène.
8. Ignorer la ségrégation
Les fractions grossières et fines peuvent se séparer pendant les manutentions.
9. Accepter une forte quantité dans le fond de tamis
L’AFS peut augmenter alors que les poussières deviennent excessives.
10. Valider uniquement une éprouvette de laboratoire
Le remplissage, le serrage, la ventilation et le contact avec le métal doivent être observés en production pilote.
Informations à transmettre pour une étude Minerallum
Pour étudier une cible AFS, nous utilisons :
Sable actuel
- AFS mesuré ;
- tableau de tamisage ;
- humidité ;
- forme des grains ;
- composition disponible ;
- origine et lot.
Sable fin candidat
- AFS mesuré ;
- tableau de tamisage ;
- fines ;
- humidité ;
- forme ;
- conditionnement ;
- disponibilité mensuelle.
Procédé
- sable vert, résine, silicate ou autre ;
- moule ou noyau ;
- métal et température de coulée ;
- masse et géométrie des pièces ;
- système de serrage ;
- régénération éventuelle.
Objectifs
- cible AFS ;
- perméabilité ;
- résistance ;
- état de surface ;
- défaut à réduire ;
- consommation de liant ;
- cadence ;
- taux de rebut.
Logistique
- tonnage par lot ;
- tonnage mensuel ;
- équipement de dosage ;
- stockage ;
- destination ;
- conditionnement.
Conclusion : viser AFS 72 avec une courbe maîtrisée
Notre analyse conduit à une méthode simple et rigoureuse.
Pour passer de AFS 49 à AFS 72 :
- choisir un sable fin dont l’AFS est supérieur à 72 ;
- calculer la proportion sur masse sèche ;
- prévoir la courbe par tamis ;
- préparer un lot pilote ;
- mesurer l’AFS réel ;
- contrôler fines, perméabilité et résistance ;
- ajuster le liant et les paramètres de préparation ;
- confirmer sur une pièce d’essai ;
- fixer les tolérances de production.
Avec un sable fin AFS 100, le calcul initial est :
54,9 % de sable AFS 49 + 45,1 % de sable AFS 100
Cette valeur répond au bilan massique. La qualité industrielle du mélange provient ensuite de la maîtrise conjointe :
- de la distribution granulométrique ;
- de la forme des grains ;
- des fines ;
- du liant ;
- de l’humidité ;
- du serrage ;
- de la perméabilité ;
- de la résistance ;
- du procédé de coulée.
L’indice 72 n’est donc pas seulement un nombre à atteindre. Il devient une spécification granulométrique documentée, intégrée au fonctionnement réel de la fonderie.